Totem et tabou de la communication européenne

Depuis longtemps, nous n’avions pas vécu, notamment dans les médias, une semaine aussi « européenne » entre les 50 ans du traité de l’Elysée sur l’amitié franco-allemande et le discours sur l’Europe du Premier ministre britannique. Pourtant les interdits et les non dits plonge la communication sur l’Europe dans un abîme freudien…

L’amitié du couple franco-allemande : le totem de la communication européenne

Les études plaident pour une relative indifférence des peuples allemand et français – que l’on songe au fait que moins de 5% parlent la langue de l’autre pays ou au « caractère « dépassionné » de la relation franco-allemande » vu comme l’un des résultats essentiels d’un sondage IFOP sur l’image de l’Allemagne en France.

Il en est de même pour les responsables politiques à en juger par le Wunderbarometer, une étude qui indique, selon son concepteur Matthieu Lerondeau qu’« il n’existe pas de sphère politique franco-allemande sur Twitter. Pas entre les ministres et les ministères […] aucun ne se suivent de part et d’autre du Rhin ».

Il ne faut pas en conclure que l’Allemagne et la France ne partagent pas une profonde unité. Mais plutôt, que nous vivons avec « l’esprit perdu du traité de l’Elysée ». Les discours officiels cultivent une « amitié » à distance de la réalité. Autrement dit, un interdit surplombe les prises de parole et cet interdit, c’est le « totem » de l’amitié franco-allemande. Un « mythe », selon Vincent Giret de Libération visant à « passer de la haine héréditaire à l’amitié héréditaire ».

Le référendum sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE : le tabou de la communication européenne

Autre événement dans l’actualité européenne, le discours du Premier ministre britannique sur l’Europe pose là-encore un surplomb freudien. Il ne s’agit plus ici d’un nouvel interdit – bien au contraire puisque l’hypothèse d’un référendum sur l’adhésion est levée, quoique que l’organisation en soit repoussée aux calendes grecques.

Ce sont plus les nombreux non-dits du discours qui font que ce qui devait être un discours-clé laisse de nombreuses questions sans réponse, notamment sur ce que David Cameron souhaiterait renégocier avec ses partenaires européens.

Au total, le sujet dans les discours officiels de l’UE – avec tous ces non-dits chez le responsable britannique et toutes les arrières pensées de la classe politique au Royaume-Uni et chez les autres États-membres – devient en somme un véritable « tabou », puisque l’aborder, c’est se dévoiler.

Alors que l’écume médiatique laisse à penser que le sujet « Europe » progresse puisque l’amitié franco-allemande est célébrée et le peuple britannique consulté, de nouveaux totem et tabou assaillent la communication des institutions sur l’Europe.

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