Lutter contre l’indifférence : ultime mission de la communication européenne ?

Aujourd’hui, « 2013 année européenne des citoyens » vient d’être officiellement lancée à Dublin. Tout au long de l’année, un débat sur l’avenir de l’UE est encouragé au travers d’événements et de conférences organisés partout en Europe. L’opération apparaît comme une mission de secours d’un projet européen abandonné par l’indifférence…

« Ne plus être aimée » : la plus grande menace contre l’Europe selon François Hollande

Interviewé par Le Monde en octobre dernier, le président de la République François Hollande s’était montré particulièrement lucide sur la plus grande menace qui pèse sur l’Europe :

C’est de ne plus être aimée. De n’être regardée au mieux que comme un guichet austère, où les uns viendraient chercher des fonds structurels, d’autres une politique agricole, un troisième un chèque, au pire comme une maison de redressement.

Autrement dit, la plus grande menace ne serait plus – suivant le poncif du déficit démocratique de l’UE  – la distance qui se serait établie irrémédiablement entre les citoyens et les institutions européennes. Ce ne serait pas non plus le défaut de pédagogie de la part des médias ou des responsables politiques.

Donc, le plus grand problème de la relation entre l’Europe et les Européens serait d’ordre amoureux.

« Indifférence et pessimisme » : les menaces sur la construction européenne selon José Manuel Barroso

Dans un parallélisme intellectuel saisissant, le discours du président de la Commission européenne, aujourd’hui, à l’occasion du lancement de l’année européenne des citoyens s’inscrit dans la même veine sur les blessures mortelles portées à l’UE :

I believe constructive criticism does not pose a threat to the European project. But pessimism and indifference do.

Là encore, l’ultime mission de la communication européenne ne semble plus de persuader les citoyens de la plus-value de la construction européenne. Pas même d’expliquer de quelles manières les politiques européennes influent sur la vie quotidienne.

Autrement dit, le mal qui frapperait la relation des Européens à l’Europe serait une forme d’acédie.

Paradoxalement, au moment où le diagnostic n’a jamais été posé aussi lucidement par les autorités, leur ambition apparaît en creux extrêmement limitée.

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