Que peut la communication européenne pour que les citoyens se sentent plus européens ?

Il ne faut pas perdre de vue que la construction européenne est récente, puisqu’elle se mesure à l’aune d’une vie humaine : 60 ans, si l’on prend la déclaration Schuman comme point de départ…

Résister à la rhétorique politicienne du consensus et de l’inéluctable des États

La construction européenne est d’abord et avant tout une volonté des États et non des citoyens. Pour que les citoyens se sentent davantage européens, il faut que la présentation de la construction européenne ne soit plus dominée par le discours des États.

Selon Éric Dacheux « L’impossible défi. La politique de communication de l’Union européenne », la construction européenne est souvent présentée comme « inéluctable » par les États. La tactique de l’inéluctable consistant à présenter la construction européenne comme la seule possibilité des peuples de l’Europe, l’aboutissement inévitable d’un cheminement continu vers une Europe unie et indivisible doit donc être combattue.

Pourquoi les citoyens s’intéresseraient-ils à l’UE si elle est inéluctable, policée et consensuelle ?

Résister à l’absence d’Europe dans les médias à l’ère du fast news et de l’infotainement

Face au danger du discours politique, on pourrait se dire que l’information, le travail des médias sur l’Europe pourrait compenser. Mais, non seulement les médias ne peuvent pas précéder les politiques – ils ne sont que l’expression d’une réalité – mais l’information européenne est également dans l’impasse.

Depuis les années 70, le développement des faits divers, des « fast news » fait que l’information sur l’UE est une victime collatérale d’une telle transformation de l’information puisqu’il n’y a pas de faits divers dans l’information européenne.

Par ailleurs, les citoyens se disent mal informés mais ils ne lisent quasiment plus. Il y a un problème de formation des citoyens. Ils ne cherchent plus de l’info mais de l’infotainment. Et finalement, l’information européenne – complexe et lointaine – se retrouve de nouveau bloquée.

Résister au confort de l’entre-soi et au doux rêve de grand soir démocratique

En résumé, cela fait 60 ans que les États font l’Europe et que les médias n’en parlent pas mais ce n’est une réalité pour les citoyens que depuis peu avec l’arrivée de l’euro dans leurs mains.

Le mouvement que les États estiment être dans leur intérêt à long terme de poursuivre doit tenter de donner une place de premier ordre aux citoyens avec l’introduction à terme – peut être très long terme – d’une démocratie de premier degré. Cette grande démocratie européenne n’est pas pour demain puisque l’espace publique européen n’existe pas et ne se force pas.

L’Europe est élitiste et sans rester dans le chaud confort de l’entre-soi, c’est à partir de ce socle restreint que doit s’élargir la base des citoyens se sentant européens, sans attendre un quelconque grand soir démocratique.

Ainsi, c’est par ces actes de résistance que la communication européenne pourra essayer que les citoyens se sentent plus européens.

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