Flopenhague : leçons et préconisations pour une communication publique sur le climat en Europe

Ainsi, la conférence des Nations Unies sur le changement climatique du 7 au 18 décembre 2009 s’est soldée par une simple déclaration politique non contraignante sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cet échec, notamment pour l’UE, du sommet de Copenhague invite à en tirer des leçons et formuler des préconisations pour une communication publique sur le climat en Europe.

1e leçon : le lobbying climatique de la société civile peine à mobiliser les citoyens

Comme le signale le blog Sciences de Libération dans « Trois leçons rapides de «Flopenhague» » : « le Flop de Copenhague montre en creux les limites des actions de plaidoyer et de lobbying (…) l’interpellation des opinions publiques par des opérations de communication ou mass médias ne suffisent pas ».

1e préconisation : une communication publique grand public pédagogique en Europe sur le climat pour changer les mentalités et les comportements des Européens

Au-delà de la proposition du journaliste de Libération de réaliser des « mobilisations citoyennes et sociales sans précédent » pour créer un rapport de force social, il conviendrait également de légitimer la communication sur le climat par des campagnes publiques visant à éclairer sur les enjeux pour changer par les actes.

Autrement dit, « il serait bon que l’opinion publique soit éclairée plus scientifiquement et pas seulement sous la pression de lobbyistes activistes » – ce que permet une communication publique pédagogique – pour reprendre l’éditorial de Jean-Dominique Giuliani « Leçons de Copenhague ».

2e leçon : la négociation multilatérale des États-membres de l’UE peine à positionner l’UE comme un acteur international puissant

Alors que les Vingt-Sept souhaitaient lors de l’adoption du paquet « climat-énergie » en décembre 2008 que l’UE joue un rôle leader de chef de file dans ces négociations, il n’en a rien été face à l’attitude inflexible de la Chine et des Etats-Unis, au point que Jean Quatremer s’interroge faussement « Copenhague, un échec européen ? ».

2e préconisation : une communication diplomatique transparente de l’UE sur le climat pour assumer le leadership

Au-delà des actions des chefs d’Etat et de gouvernement européens pour créer un rapport de force diplomatique, il conviendrait que l’UE soit représentée par une seule délégation plutôt que vingt-sept délégations nationales, risquant de brouiller le message européen.

Comme le propose E-toile : « à l’avenir, il serait donc pertinent de confier à un commissaire européen le soin de négocier les accords climatiques sur le modèle de ce qui se fait déjà à l’OMC lors des « rounds » : un mandat établi par le Conseil et le Parlement en amont, puis une seule et unique délégation portant un message clair lors des sommets ».

Au final, « Flopenhague » permet de décrypter la « géopolitique de la lutte contre le réchauffement climatique » : il ne s’agit pas d’un affrontement entre gentils ONG / scientifiques et méchants gouvernements mais d’un rapport de force « entre les volontés consommatrices des populations représentées par leurs gouvernements ».

Après Copenhague, une communication publique sur le climat en Europe semble nécessaire :

  • une communication grand public plus pédagogique portée par les acteurs publics/institutionnels s’appuyant sur les scientifiques et moins contrôlée par les lobbyistes/ONG ;
  • une communication diplomatique de l’UE plus incarnée, notamment par la future Commissaire au climat, Connie Hedegaard et moins contrôlée par les chefs d’Etat ou de gouvernement européens.
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Une réponse à Flopenhague : leçons et préconisations pour une communication publique sur le climat en Europe

  1. Jeux a telecharger dit :

    Une bien lourde déception alors qu’on en attendait tellement de ce sommet. Malgré toute sa bonne volonté, supersarko n’a rien pu faire. Il faut dire que les pays émergents tel que la chine ont pourri le sommet. D’un coté, on ne peut le leur reprocher : Les occidentaux sont responsables du désastre écologique actuel et on leur demande d’en payer les frais. Mais ces derniers préfèrent rattraper leur retard … Au final, l’utopie se termine sur un accord de vitrine. AU moins cet échec fera date, et on espère qu’à l’avenir on se souviendra de ce "désastre" comme expérience.

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