En quoi l’UE souffre d’un problème de communication ?

Malgré la définition d’une véritable stratégie de communication à destination des citoyens européens, l’UE – selon Jean Quatremer – souffre de problèmes de communication…

L’impératif tardif de l’UE de la nécessité de communiquer plus efficacement avec les citoyens de l’Union européenne

En 2005, avec le rejet de la Constitution européenne par les Français et les Néerlandais, la Commission européenne élabore une nouvelle approche de la communication européenne, qui place les citoyens au centre des politiques de l’Union.

Selon Margot Wallström, vice-présidente chargée des relations interinstitutionnelles et de la stratégie de communication, cette approche repose sur trois principes stratégiques :

  • écouter les citoyens en tenant compte de leurs avis et de leurs préoccupations;
  • communiquer avec les citoyens en leur expliquant comment nos politiques influent sur leur vie quotidienne ;
  • entrer en relation avec les citoyens au niveau local en s’adressant à eux dans un contexte national ou local, par le biais de leurs médias préférés.

Les handicaps de langues et de cultures induisent une communication de l’UE « aseptisée, unilingue et élitaire »

Lors d’une conférence « La communication sur l’Europe » le mardi 31 mars, Jean Quatremer, journaliste à Libération et auteur du blog « Les coulisses de Bruxelles » a listé les problèmes de communication de l’UE :

Parce que l’UE est un espace fragmenté par les langues et les cultures nationales,

  • la langue des institutions communautaires est à 85% unilingue avec l’anglais, « la langue des élites et en aucun cas la langue des peuples » ;
  • le langage des institutions communautaires est par essence « neutre » en raison de la charge que chaque mot de vocabulaire peut avoir dans chaque Etat ;
  • les messages de la communication des institutions européennes sont « aseptisés » voire « insipides », afin de ne pas déclencher la polémique ;
  • les cibles de la communication des institutions européennes sont réduites aux correspondants permanents à Bruxelles, « un petit noyau de journalistes qui font l’opinion publique européenne » selon Jean Quatremer, un exemple lui-même probant.

De la sorte, la communication européenne « isole de plus en plus les institutions communautaires dans une tour d’ivoire » et « est de moins en moins à destination des citoyens et de plus en plus à destination des élites ».

Ainsi, entre la stratégie actuelle consistant à communiquer auprès de citoyens européens demeurés relativement indifférents et la pratique actuelle consistant à communiquer auprès d’une minorité de professionnels forcément impliqués, la communication des institutions communautaires doit résoudre son problème de communication.

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