Premier regard sur la Présidence tchèque de l’UE sous l’angle de la communication

Depuis le 1er janvier, la République tchèque occupe pour six mois la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. La devise de la présidence est « Une Europe sans barrières » et les priorités sont rassemblées sous les « 3 E » : l’économie, l’énergie et les relations extérieures. Quel regard en tant que « communicant » peut-on porter sur cette présidence tchèque de l’UE ?

La question de la cohérence : Les autorités tchèques ont adopté des registres de communication souvent conditionnés par leurs propres convictions… ce qui n’est pas sans soulever des réactions en Europe…

Alexandre Vondra, le vice-Premier ministre tchèque en charge des Affaires européennes et sans doute le plus europhile a fait preuve d’humour et de légèreté lors d’une conférence de presse rapporté par Euractiv : «Notre présidence est un peu comme un match de football dont personne n’attend rien. Il n’y a pas tellement d’attentes, et c’est peut-être un point de départ confortable.»

Mirek Topolanek, le Premier ministre tchèque, doit composer avec une majorité parlementaire aux sentiments plus ou moins eurosceptiques. La campagne TV « nous sucrerons l’Europe » qui a été réalisée dans le pays pour annoncer la présidence illustre cette ambigüité. La signature a un double sens : elle peut à la fois dire (adoucir avec du sucre), mais dans son usage le plus courant, elle signifie « écœurer », « infliger une potion amère », « donner du fil à retordre ».

Vaclav Klaus, le président de la République tchèque est ouvertement europhobe, il a affirmé récemment que « l’Union européenne a des similitudes avec l’URSS. ». Pour cette raison, le pays n’a pas encore ratifié le traité de Lisbonne sur les futures institutions.

Entre ces différents responsables politiques, la voix de la République tchèque, porte-parole de l’Union sera-t-elle cohérente pendant les 6 mois de la présidence ?

La question des ambitions : Les autorités tchèques ont proposés un projet d’envergure, débloqués un budget conséquent et multipliés des moyens contemporains de communication.

Les autorités tchèques proposent un ambitieux partenariat oriental avec 6 pays – Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Géorgie, Moldavie, Ukraine – pour tenter d’équilibrer le projet d’Union pour la Méditerranée. « En 2008, nous avons eu une sorte de printemps de la Méditerranée, indique Alexandr Vondra. Le prochain printemps pourrait être organisé à l’Est. ».

Selon touteleurope, par rapport au budget de la Présidence française qui était de 190 millions d’euros et à celui de la Présidence slovène au 1er semestre 2007, qui était de 62 millions d’euros, la Présidence tchèque dispose d’un budget important, à hauteur de 124,5 millions d’euros.

Le site Internet de la présidence tchèque : eu2009.cz est largement inspiré des présidences antérieures dans son arborescence, son accessibilité, ses contenus audio ou vidéo. Quelques nouveautés comme le « chat » européen qui donne la possibilité aux citoyens européens de poser des questions à des personnalités politiques ou sur un autre plan des E-cards, des dessins de jeunes (8-14 ans) ayant remporté le « Concours de la meilleure carte postale de la présidence tchèque ». Une bonne idée pour envoyer vos cartes de vœux.

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