Décryptage de l’échec du projet MyParl

Conçu pour stimuler le débat transnational entre les députés nationaux et européens des 27 États membres de l’UE à l’aube des élections européennes en 2009, MyParl devait être lancé en octobre 2008 sous la forme d’un forum de discussion sous la forme d’un réseau social…

Des défauts dans la conception

Le projet de « créer un réseau d’idées et d’interaction » pendant une période électorale et sur Internet entre les députés repose sur une série de défauts :

  • confusion entre la stratégie de communication institutionnelle du Parlement européen (valoriser l’institution) et les stratégies de communication politique des parlementaires européens (valoriser une candidature) ;
  • contradiction par rapport aux pratiques relationnelles entre hommes politiques (off-line) ;
  • méconnaissance des pratiques ou législations dans les États membres encadrant les projets de communication publique en période électorale.

Par ailleurs, dans le projet MyParl, la place du grand public ne semble pas précisément définie :

  • s’agit-il d’un public spectateur des échanges entre députés (risque de désaffection de la plateforme) ?
  • s’agit-il d’un public participant aux échanges avec les députés (risque d’instrumentalisation de la plateforme) ?

Des défauts dans la réalisation

La plateforme de forums de discussion ne s’inscrit pas dans la logique des réseaux sociaux existants (Facebook, Myspace…) : développements spécifiques sur un site dédié. Cette solution ne favorise ni la propagation sur le web ni la participation des internautes.

L’animation éditoriale et la modération des forums ne sont pas confiées aux membres du Parlement européen mais à un consortium d’entreprises privées : l’agence de communication Mostra et le portail Internet consacré aux affaires européennes EurActiv.

Le pilotage du projet doté d’un budget d’environ 5 millions d’euros est complexe puisque les responsables sont diluées entre la direction générale Communication de la Commission européenne (pilote du marché) et la direction générale à la Communication au Parlement européen (pilote stratégique).

Ainsi, l’échec de MyParl apparaît comme le résultat d’un faisceau d’erreurs dont la plus importante semble d’avoir voulu confier en période électorale la communication du Parlement européen auprès d’un grand public un peu oublié à des élus et lobbies bruxellois en défaut de légitimité.

Des propositions pour la réussite du projet

  • évolution de la cible : non plus les députés mais les citoyens. L’outil est totalement ouvert aux échanges avec les citoyens et devient pleinement pédagogique sans risque politique ;
  • évolution de la plateforme : non plus un développement ad hoc, mais un interfaçage avec les plateformes de réseaux sociaux (Twitter, Facebook, MySpace et des blogs) ;
  • évolution du calendrier : non plus en période électorale mais à la rentrée 2009 afin de faire connaître l’institution et les eurodéputés nouvellement élus.*
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