Espoirs et réalités d’une citoyenneté européenne numérique

Face à la désaffection citoyenne à l’égard de la participation politique ainsi que de la construction européenne, Internet représente le vecteur possible d’un renouveau de la citoyenneté, notamment européenne.

Espoirs venus d’Amérique : Internet dans les élections présidentielles

Dans une tribune dans Les Échos, le conseiller presse et communication du président de la République, Franck Louvrier analyse l’usage d’Internet dans la campagne électorale américaine : « la campagne d’Obama a fait d’Internet un média d’information et un outil de mobilisation. En donnant à la campagne en ligne une traduction concrète hors-ligne, elle a surtout permis de révéler, derrière l’internaute anonyme, le citoyen engagé. ».

Réalités selon la recherche scientifique

Dans les Cahiers français n°316, le professeur Thierry Vedel analyse les nouvelles dimensions de la citoyenneté : « Internet et ses usages citoyens » :

1. La citoyenneté de la transparence : « le citoyen éclairé s’informe » à travers une circulation descendante de l’information (site institutionnel, WebTV, liste de diffusion)

  • Avantages : faible coût de stockage et de distribution de l’information. Possibilités de recherches personnalisées. Actualisation.
  • Problèmes : Dégradation du modèle vers la fourniture d’informations pratiques. Surabondance de données inhibant la connaissance.

2. La citoyenneté du débat : « le citoyen discute et se confronte aux autres » à travers une circulation transversale de l’information (forums, groupes, pages perso)

  • Avantages : Communication directe qui transcende les clivages sociaux, organisationnels, géographiques et crée de l’identité. Réduction des coûts de la mobilisation.
  • Problèmes : Inégalités de participation. Prépondérance de l’expression sur le dialogue. Passage du débat à la décision.

3. La citoyenneté de la consultation : « le citoyen décide » à travers une circulation montante de l’information (courrier et vote électroniques)

  • Avantages : Accès rapides, directs et plus informels aux élus. Consultations des citoyens moins coûteuses.
  • Problèmes : Capacités inégales à la formulation de demandes. Sécurité, confidentialité, authenticité des communications.

Alors, quid d’une citoyenneté européenne numérique ?

Lors des Etats généraux de l’Europe, à Lyon le 21 juin dernier, s’est tenu un atelier-débat consacré au rôle d’Internet dans l’espace public européen.

Selon Benoît Thieulin, fondateur du site touteleurope.fr, « il faut relativiser le poids du débat public en ligne fait d’une minorité de citoyens très actifs et politisés ; organisée de manière affinitaire, par communautés et par centres d’intérêt ».

Néanmoins, Internet peut favoriser une politisation souhaitable du débat européen à travers :

  • l’émergence de réseaux citoyens transnationaux de confrontation d’idées ;
  • l’organisation des partis politiques à l’échelle européenne.

Ainsi, pour reprendre les propos de Fernando Navarro, du magazine Café Babel, alors que jusqu’à présent, « l’Europe a fonctionné sur le mode du consensus » ; désormais, avec la citoyenneté européenne numérique, « l’Europe pourra se construire avec davantage de controverse ».

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